16 fév
2012

Le Front national et l’école : retour vers le passé

Quand j’ai commencé à  lire le programme du Front national en matière d’éducation, j’ai un peu eu l’impression de voyager dans le temps. Si l’expérience en tente certains également, je vous conseille de vous munir d’une bonne tasse de café et de quelques petits gâteaux pour la route, comme je l’ai fait par précaution. On sait jamais.

Ce voyage dans le temps avait au départ quelque chose de presque plaisant (outre le café et les gâteaux), l’impression de replonger dans l’univers de livres et de films qui ont bercé mon enfance. Avec des instituteurs vêtus d’une redingote noire et petites lunettes au bout du nez, et des enfants jouant aux billes dans la cour, leurs mains encore pleine de craie et le béret sur la tête. Des cartables en cuir vieilli et des porte-plume sur le coin de la table… Mais très vite, le voyage dans le temps a pris des airs de mauvais remake. Parce que sous couvert de défense d’une école d’antan (totalement idéalisée), le Front national prône surtout un modèle de l’école rétrograde et dépassé.

Première gorgée de café : un constat douteux…

Le Front national nous parle d’un système scolaire mis à mal par le « laxisme face aux violences scolaires qui sont en progression », la baisse du niveau scolaire, l’utilisation quasi-douteuse des technologies de communication qui ne sauraient « remplacer le contact entre le maître et l’élève » (qui a dit le contraire?), « les méthodes pédagogistes » de 1968 qui ont (carrément!) « démantelé l’école de la République, bloquant l’ascenseur social et faisant de nos enfants des cobayes livrés à toutes les expériences plus catastrophiques les unes que les autres » (non non, je n’ai rien changé à cette formule, elle figure telle quelle sur le site du Front national). Ah la la, mai 68… On est déjà mis dans l’ambiance.

Deuxième gorgée de café : … et des propositions archaïques !

Autant vous le dire de suite : je ne ferai pas de présentation exhaustive des propositions du Front national et je me concentrerai sur celles qui m’ont fait peut-être fait le plus bondir, et bondir avec sa tasse de café dans les mains est une aventure assez périlleuse, soyez-en certains. Surtout, n’oubliez pas les petits gâteaux pour cette étape.

Pour le Front national, le respect des professeurs et des instituteurs passe par la « tolérance zéro » pour les violences scolaires et des mesures comme « se lever quand le professeur entre en classe, bannir le tutoiement par l’élève de l’enseignant ». Et pourquoi pas restaurer  la blouse blanche (pour le maître), la blouse grise (pour les garçons) et le tablier (pour les filles) ? Je pose la question. Quant à la question des violences scolaires, si je suis totalement pour y mettre fin bien entendu, ne rien affirmer en matière de prévention et s’abstenir de toute réflexion sur les causes qui en sont à l’origine, c’est tout simplement refuser de s’attaquer au problème.

Passons à présent aux programmes scolaires et aux méthodes pédagogiques…pas mieux. Le Front national souhaite mettre l’ « accent (…) sur l’apprentissage des savoirs fondamentaux » à savoir le français et le calcul. Rien n’est dit sur l’enseignement des langues étrangères par exemple, mais à lire le programme du Front national sur la culture, on comprend mieux l’absence de propositions en la matière. On se laissera  plus ou moins surprendre par des formules comme : « l’apprentissage de la géographie française [devra être] obligatoire « . Hum… ce n’est pas le cas déjà ? Bon, j’attaque les petits gâteaux…

Soyons pragmatiques, avec ces quelques conseils sur la pédagogie : des »notions solides sur l’histoire de France, à partir de la chronologie et de figures symboliques qui se gravent dans les mémoires », la géographie « enseignée sur des cartes »… je vous passe également l’épisode sur le retour de l’enseignement à la morale pour m’attarder d’avantage -déformation professionnelle oblige- sur l’enseignement du français avec cette proposition phare de rendre  la « méthode syllabique obligatoire en CP ». Ce vieux débat semble toujours soulever autant les passions. Je ne comprends pas cet acharnement à agiter l’épouvantail « méthode globale », alors qu’aujourd’hui, on sait que l’utilisation strictosensu de cette méthode d’apprentissage appartient plus au domaine du mythe que celui de la réalité.

Je poursuis ma lecture. Un air de déjà-vu ces propositions… ah oui, c’était sur le site de l’UMP : apprentissage dès 14 ans et suppression du collège unique. A mon sens,  on ne peut pas prôner l’orientation subie d’un côté et porter l’émancipation de chaque élève et futur citoyen de l’autre, c’est absolument paradoxal. Et une autre gorgée de café avalée, plus un petit gâteau. Ça méritait bien ça quand même.

Sur l’évaluation, que propose le Front national ? Pas grand chose de neuf, bien qu’à ce stade-là de ma lecture, je n’attende plus vraiment de révolution pédagogique, on l’aura bien compris : « maintien de la note obligatoire » (telle quelle, surtout, ne rien changer!), maintien du baccalauréat, prôné comme vecteur d’égalité… Là encore, je grince des dents.

Maintenant, ça parle « parents d’élèves ». Je sursaute en lisant ce qui suit : « instauration de cours de français obligatoires pour les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale, pour inciter les parents à franchir le seuil de l’école ». Il fallait oser parler d’incitation en se référant à une mesure « obligatoire »! Pour ne rien vous cacher, ma dernière gorgée de café passe de travers et je me suis étouffée avec un gâteau : pourquoi fallait-il (encore) la ramener sur « les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale » ? Suis-je bête, je lis le programme du Front national.

Vous reprendrez un peu de café ou bien des petits gâteaux ?

Ah non désolée, y’en a plus ! Plus une goutte de café (la dernière a fini sur le canapé quand j’ai sursauté) et l’assiette de gâteaux est vide. La lecture du discours d’Orléans sur l’école et la Nation de François Hollande s’était avérée moins périlleuse pour ma ligne.

Après ce voyage dans le temps plus que douteux, je reste d’autant plus convaincue du fait que  l’école ne peut assumer ses missions, à savoir l’enseignement des savoir et savoir-faire et la construction du vivre-ensemble, que dans une volonté d’ouverture au monde qui nous entoure et avec la volonté de combattre les inégalités qui y sont grandissantes. Il en va de l’intérêt de l’élève, de l’enseignant comme de l’ensemble de la société française. A défaut d’avoir lu des propositions innovantes pour le système scolaire, j’aurai au moins la certitude qu’une fois de plus, la recette du « c’était mieux avant » était toujours utilisée voire « surutilisée », notamment par le Front national. Pour combien d’années encore ?

1 fév
2012

Le Front National et l’IVG dite « de confort », une vieille histoire d’amour

Comment ne pas être choqué(e) par les propos de Louis Alliot, responsable du FN tenus il y a deux jours dans l’émission télévisée « Mots Croisés » : pour le FN, il y a deux sortes d’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) : l’IVG « thérapeutique » et l’IVG « de confort ». Distinction qui n’a de fondement qu’une idéologie rétrograde et qui bien entendu ne s’appuie sur d’autres bases que celles des théories  catholiques intégristes anti-avortement. A moins de 3 mois des élections, le FN ressort du placard ses recettes pro-vie pour attirer l’électorat qui le soutient classiquement. En somme, de vieilles recettes pour un vieil électorat (comprenez « fidèle »).

Le droit à disposer de son corps est un droit fondamental. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’il figure dans le Code civil.  C’est un droit qui regroupe sans cesse de nouvelles questions : l’accès à la contraception et à l’IVG, la question de la prostitution, l’euthanasie ou encore le débat suscité par les mères porteuses. Quelle que soit la thématique traitée, ces thématiques se placent toujours dans une réflexion autour des droits de la femme, et donc de la société dans son ensemble. Et c’est en cela que les arguments anti-IVG sont pour moi irrecevables : ils substituent l’intérêt de doctrines ultra-conservatrices à l’émancipation de l’individu.

Considérer l’IVG comme pouvant s’apparenter à un acte de confort, c’est un peu mettre l’IVG sur le même plan que sa manucure ou un massage aux huiles essentielles.  Quelle qu’en soit la raison, l’IVG reste une épreuve considérable pour les femmes qui la subissent. La décision de choisir d’avoir un enfant ou non ne peut être prise par une autre personne que par la femme qui le porte, tant les conséquences physiques et psychologiques sont importantes.

Il faudra donc à l’ensemble des forces progressistes encore beaucoup de vigilance pour dénoncer  des propos comme ceux tenus par Louis Alliot. Des propos rétrogrades qui ne sont pas compatibles avec un projet de société progressiste qui fasse rimer émancipation individuelle et émancipation collective. Cette émancipation passe par l’accès aux mêmes droits pour tous, faisant passer l’égalité d’un simple mot à une grande valeur républicaine.

23 jan
2012

Retour sur le grand rassemblement du Bourget avec François Hollande

Retour sur le grand rassemblement du Bourget avec François Hollande,
Pour une politique globale du handicap

Dimanche dernier, au Bourget, ce sont 20 000 personnes venues de toute la France qui ont assisté au grand rassemblement organisé par François Hollande. Mes impressions sur cette journée riche en sensations et en émotion.

J’ai vu ces hommes et ces femmes, militants, sympathisants ou « simples » citoyens curieux. Vu ces centaines de drapeaux s’agiter dans un hall immense. Impressionnant, enthousiasmant, haletant.

J’ai senti cette unité qui fait la force de notre parti, cette volonté d’être rassemblés pour avancer ensemble vers l’essentiel, le changement.

J’ai goûté  aux joies de l’organisation de mon premier meeting présidentiel. L’animation de la tribune C auprès des jeunes socialistes parisiens notamment ne m’aura pas laissé souffler beaucoup, mais vu l’équipe et l’ambiance, c’est sans regret !

Comme toujours depuis le 10 mai dernier, j’ai été touchée par le clip du Parti Socialiste réalisé à l’occasion des 30 ans de la victoire de François Mitterrand. Et cette fois-là plus particulièrement, parce que comme tant d’autres, j’aimerais connaître cette euphorie d’un lendemain de victoire de la Gauche.

J’ai entendu le son des vuvuzelas, les nombreux slogans d’encouragement (« François, président ! ») et ces applaudissements qui n’en finissaient pas, allant même jusqu’à couvrir la voix de notre candidat.

Entendue également, cette proposition qui a particulièrement attiré mon attention : faire que « chaque loi comport[e] un volet handicap », afin que chaque personne handicapée puisse avoir accès aux mêmes droits que des personnes valides. Phrase concise pour un grand projet.

Parce que pour côtoyer un grand nombre de personnes handicapées dans mon quotidien professionnel, je n’en connais pas une dont le parcours ne se soit pas apparenté à un parcours du combattant.  De l’éducation à l’insertion professionnelle en passant par l’accès aux loisirs et à la culture, de l’acceptation du handicap à la confrontation au regard des autres, beaucoup reste à faire encore pour faciliter la vie des personnes handicapées. Pour proposer un accompagnement encore plus adapté – et je me réjouis de voir que François Hollande aborde cette question de façon transversale – mais aussi pour faire bouger les mentalités sur le handicap.

Ce dimanche, c’est un François Hollande sensationnel qui nous faisait part de la direction qu’il voulait donner à la France. Avec un discours marqué par la nécessité de justice et d’égalité pour notre pays. C’est pourquoi je le suis dans cette voie,  sans hésitation.

20 jan
2012

Le « J’aime/j’aime pas » du mois : Thibaud Roche

- Villeurbanne sous la neige ?

J’aime pas, la neige en ville ça finit toujours en gadoue ou en verglas… mais même sous la neige le soleil rayonne toujours à Villeurbanne, si c’est pas dans le ciel, c’est dans le coeur !

- Les voeux de Nicolas Sarkozy ?

J’aime pas, c’est toujours la même chansonnette : des promesses non tenues d’un président qui cherche absolument à justifier l’injustifiable, son incapacité à gouverner et surtout à améliorer le quotidien des français. Vivement qu’on change de disque !

- L’égalité salariale femmes/hommes ?

J’aime, Pour moi cette égalité est un acquis et reste une incompréhension, je suis toujours choqué de voir qu’il existe 27% de différence en moyenne entre les rémunération des femmes et des hommes, alors que rien ne le justifie.

- Le faux lifting du Front National version Marine Le Pen ?

J’aime pas, et je n’y crois pas ! Le FN ne cherche à occuper le terrain du social et pourtant quand on lit leurs propositions… rien ! Le progrès pour moi, c’est aller en avant, pas en arrière !

- Dormir quelques heures, consulter ses trois boîtes mails et ses deux portables, être un soir sur deux en réunion et un matin sur deux devant un lycée ou une fac, bref ta nouvelle vie d’Animateur Fédéral du Mouvement des Jeunes Socialistes du Rhône ?

J’aime ! Je me suis engagé dans les mouvements sociaux lycéens fin 2004 (au PS en 2007 et au mjs en 2008), j’aime débattre, agir, même si ça prend du temps et exige certains sacrifices. Mais ça me semble important de garder aussi un peu de temps pour mes amis, ma famille et mes études.

Mais j’aime surtout quand l’engagement paie, je le souviens de la victoire contre le CPE, la victoire de Jean-Paul Bret à Villeurbanne en 2008, la victoire des régionales… Ce sont des moment qu’on n’oublie pas et qui motivent pour les futures campagnes !

- La promesse de Nicolas Sarkozy de 2006 que d’ici 2009, « plus personne ne dormira dans la rue » ?

J’aime pas ! Y’en a marre des effets de comm’ de Nicolas Sarkozy, on veut du concret ! En matière de logement, rien ne va mieux avec la droite. Les prix flambent à tous les niveaux achats, location, entretien et rénovation. Il est temps de prendre des vrais mesures, comme par exemple l’encadrement des loyers.

- Les haïkus ?

Euh, j’aime bien, des fois on en dit plus en peu de mots qu’avec des longues tirades….

- L’idée d’un futur remake d’ »Intouchables » version Sarkozy et ses amis du Fouquet’s ?

J’ai bien aimé « Intouchables », j’ai beaucoup ri, mais l’idée d’un remake d’un remake d’ »intouchables » avec Sarkozy et ses amis, j’aime pas. Et d’une parce que ce n’est malheureusement pas un film et de deux parce qu’on voit Sarkozy déjà bien assez comme ça !

- La nouvelle chanson du Parti Socialiste (« Il est temps, il est l’heure ») ?

J’aime… bien, c’était difficile, mais je m’y suis fait ! par contre je suis incapable de la chanter.

- Entendre parler de triple A à longueur de journée, en-dehors de ton frigo ou de ta machine à laver ?

J’aime pas, pour moi ça ne veut rien dire cette note est donnée par des « spécialistes » qui n’ont pas vu arriver la crise. La France a perdu son triple A, les taux d’intérêt vont augmenter et avec eux, la dette, donnant ainsi raison aux agences de notation… c’est le serpent qui se mord la queue. Et c’est bien dommage ! Je pense qu’il faut vraiment qu’on sorte du système du tout financier qui montre bien ses limites chaque jour.

- Voir Tony Parker jouer à l’Asvel ?

J’aime, je ne l’ai pas vu jouer, à mon grand regret, mais ça contribue à faire connaître un peu mieux la meilleure ville du monde, alors je prends.

12 jan
2012

Pourquoi j’irai manifester contre la réforme de la formation initiale des orthophonistes proposée par le gouvernement

Réponse à l’article publié sur Facebook par Xavier Bertrand le 13 décembre 2011

Le métier d’orthophoniste consiste à  dépister et prendre en charge en charge les troubles de la communication quels qu’ils soient. Actuellement, la formation d’orthophoniste est dispensée en 4 ans, dans 16 centres de formation en France. Ce qui représente 3000 étudiants en France et 19 963 orthophonistes en France. Les orthophonistes dépendent de deux ministères : celui de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (dont est en charge Laurent Wauquiez) et celui du Travail, de l’Emploi et de la Santé (dont est en charge Xavier Bertrand).

Comme toutes les professions paramédicales, la formation des orthophonistes doit s’aligner dans le cadre de la grande réforme universitaire LMD (Licence Master Doctorat) et être ainsi reconnue sur le plan européen, ce qui équivaut à reconnaître une formation bac +3 (niveau Licence) ou bac +5 (Master), contre bac +2 actuellement.

Aujourd’hui, les orthophonistes et étudiants en orthophonistes réclament une revalorisation de leur formation à un master (bac +5), ce à quoi le gouvernement répond par une réforme de la formation reconnue bac +4 pour la majorité des orthophonistes (M1) ou bac +5 pour une minorité (M2). Seules ces-dernières pourraient prendre en charge l’ensemble des  troubles de la communication. Ce qui ne va pas sans poser de problèmes pour la profession.

Quand l’hypocrisie est chassée par plus d’hypocrisie.

La première réaction du gouvernement face au mécontentement des orthophonistes s’est apparentée à un jeu de ping-pong entre les deux ministres de tutelle des orthophonistes qui n’ont cessé de se renvoyer la balle entre eux pendant de nombreux mois. Seulement voilà, on n’est pas venue pour faire du ping-pong.

Cette réforme, nos ministres de tutelle la justifient par la revalorisation de la formation d’orthophoniste de bac +2 à bac +4 dans le cadre de la réforme LMD. Ce qui est en apparence séduisant, mais bien hypocrite : il va de soi qu’il était profondément injuste que des professionnels ne soient pas reconnus à leur juste niveau d’études (actuellement, les orthophonistes font 4 années d’études dont 2 seulement sont reconnues) : cette situation était (déjà) le fait des décisions des mêmes ministères. Ce n’est donc pas en imposant une nouvelle réforme des études injuste elle-aussi que la question sera réglée. Car au final, le niveau bac +4 ne correspond à aucune équivalence de diplôme européen. Le fameux master 1 qui concernerait au final une grande majorité d’orthophonistes ne serait que de la poudre aux yeux, en d’autres termes, une licence déguisée.

Si la formation initiale doit être enrichie (au lieu d’être raccourcie comme le prévoit la réforme proposée par le gouvernement) pour toutes les orthophonistes, c’est dans le but de répondre à une demande croissante de l’intervention des orthophonistes, demande encore plus criante dans certaines régions où la pénurie d’orthophonistes se fait déjà sentir. Rappelons d’ailleurs que le rôle des orthophonistes dans les plans cancer, autisme et Alzheimer a été reconnu.

Quand le courage politique remplace l’hypocrisie.

S’il n’en allait pas de la santé de milliers de personnes, les orthophonistes se passeraient bien de spectacle. Les orthophonistes ou futurs orthophonistes réclament simplement la reconnaissance de leur travail, et ce, dans l’intérêt de la qualité de celui-ci donc de leurs patients. L’approfondissement des connaissances des troubles de la communication, leur prévention, leur dépistage comme leur prise en charge ne peut se faire sans les professionnels à même de remplir ces missions. Cela va de soi pour beaucoup,  je pense notamment au plus de 41 000 personnes qui ont déjà signé la pétition “Pour un master en orthophonie”.

En tant que professionnelle de santé, je suis non seulement consciente des conséquences économiques qui découlent de la revalorisation d’une formation, mais également des enjeux de santé publique. Ce qui permettrait de faire des économies, c’est de miser sur la prévention et d’augmenter encore la qualité des soins par une formation toujours plus enrichie par les avancées des scientifiques et des professionnels. Garantissant ainsi une qualité de vie meilleure aux personnes dyslexiques, dysorthographiques, dyscalculiques, dysgraphiques, dysphoniques, atteintes de troubles envahissants du développement, porteuses de Scléroses en Plaque ou de maladie d’Alzheimer, bègues, sourdes et malentendantes, aphasiques ou encore victimes de traumatismes crâniens pour ne citer qu’elles.

Une réforme de la formation initiale des orthophonistes, oui, mais pas à n’importe quel prix. Seulement voilà, les orthophonistes ne sont pas plus de 20 000 en France, pas de quoi faire peser pour 2012. Mais elles feront à nouveau entendre parler d’elles. Tôt ou tard.

12 jan
2012

“Si l’éducation coûte trop cher, essayez l’ignorance”. Abraham Lincoln

17% des professeurs seraient au bord du “burn out” d’après un récent article du Monde, contre 11% dans les autres professions. Le “burn out”, qu’est-ce que c’est ? Pour faire simple, c’est l’épuisement au travail, l’usure liée à l’exposition à un stress professionnel prolongé qui en devient insupportable. Le terme du “burn out” qualifie aussi l’état d’une bougie qui après avoir éclairé de longues heures n’offre plus qu’une petite flamme. Comment “le plus beau métier du monde” en est-il arrivé là ? Quelques pistes de réflexion.

De la difficulté à trouver des chiffres fiables :
En consultant les blogs de différents enseignants tirant la sonnette d’alarme, force est de constater que les chiffres évaluant le taux de suicides chez les enseignants sont bien difficiles à trouver. Soit trop vieux soit peu fiables. Comme si, en somme, le problème n’intéressait pas grand monde ou bien était sous-estimé. Pourtant, des situations dramatiques de professeurs qui mettent fin à leur jour, on en entend parler de temps en temps, au détour d’un article de presse locale ou bien au Journal Télévisé, à la Une. Un seul chiffre semble sortir du lot mais il a bientôt deux ans : 54 enseignants ou personnel encadrant de l’école se sont donnés la mort dans l’enceinte de leur établissement en 2009. 54 de trop.

Le statut de l’enseignant remis en question :
Autrefois, l’instituteur du village bénéficiait d’une sorte de bienveillance quant à son image. C’était celui qui instruisait, qui transmettait, qui permettait aux enfants de grandir. Beaucoup de jeunes enseignants commencent avec cette même envie, cette vocation que Stendhal décrit comme le fait “d’avoir pour métier sa passion”. Une passion soumise à rude épreuve.
Comment dégoûter les novices en une leçon ? Tel est le challenge que notre ministre en charge de l’Education Nationale semble vouloir relever. Une solution simple et diablement efficace : les décourager dès le début ! La formation des enseignants est aujourd’hui une immense blague : 3h30 de formation la veille de leur rentrée et un DVD sur la pédagogie. C’est bête, Noël vient de passer, je l’aurais bien eu sous le sapin ce DVD. On attend désormais l’édition du prochain “Enseigner pour les Nuls”, histoire d’en rajouter une couche sur le mépris subi par les enseignants. Le mépris mis en grand jour par les propos de Darcos il y a deux ans sur les enseignants en maternelle, tout juste bons “à changer les couches”. Sans formation et dévalorisés, de plus en plus de jeunes enseignants sont dégoûtés de leur nouveau métier. Rien d’étonnant que le burn-out touche en priorité les enseignants en-dessous de 30 ans.

La question des conditions de travail des enseignants :
Que cela en fâche certains, être enseignant n’est pas un métier facile. Et j’en sais quelque chose, mes deux parents le sont. Combien de caricatures ai-je entendues sur ce métier ? “Fainéants, oisifs, profiteurs de vacances”, bref “fonctionnaires”. Je mets tout cela entre guillemets bien entendu, des guillemets lourds de sens. Il fut un temps où enseigner avait du sens : transmettre à des élèves des savoirs fondamentaux pour qu’ils puissent ensuite s’orienter dans la voie qui leur plait, aider les deux à trois élèves en difficulté de chaque classe, organiser un voyage de classe à la fin de l’année pour rendre concrets des apprentissages. Oui, tout cela doit avoir un sens, et j’espère qu’il reste à quelques enseignants cette chance d’exercer un métier dans ces conditions-là. Pour beaucoup d’enseignants, la situation est malheureusement tout autre : classes surchargées, locaux souvent délabrés, suppression de la seule aide efficace en milieu scolaire que constituaient les RASED (ces réseaux aux professionnels formés en la matière), budgets sans cesse amputés, climat délétère dans de nombreux établissements. Sans parler des pressions subies pour l’obtention de résultats. Et là, le cercle vicieux commence : demander les même résultats avec des moyens amoindris et s’étonner qu’enseignants et élèves se découragent. Une spirale dont on connaît la fin.

Alors oui, être enseignant c’est avoir la chance d’avoir un métier garanti à vie. Mais à quelles conditions ? A quel prix ? Et qu’en sera-t-il quand le gouvernement en aura terminé avec le non-remplacement d’un enseignant sur deux à son départ à la retraite, alors que les effectifs d’élèves augmentent ?

Pour honorer à nouveau la promesse républicaine, veillons à aider les professeurs à entretenir la flamme de leur vocation pour éviter qu’elles ne vacillent.

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Je m’appelle Lucie Briatte, j’ai 26 ans et je vis à Lyon. Lire la suite.


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… et c’est un message fort pour la jeunesse.

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"Rien ne développe l'intelligence comme les voyages." (Emile Zola)


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